| LA TROISIÈME NATION | Tout nous recouvrait, j’étais recouvert, la plaine était recouverte, mon compagnon Helrick, lui-même était recouvert ! Au loin, comme une mouche perdue au beau milieu des fesses potelées d’une comtesse fin XVIIIe, notre campement ! Campement, qui se résumait à une tente fichue d’un drapeau, celui de notre nation, pointant bravement vers les étoiles et… au-delà ! Ainsi, perdu au milieu d’un cul talqué, nous tentions, las de notre journée, de regagner ce bout de feutre, cette mouche statique qui nous servait d’abris. Mais les conditions étaient rudes et le vent nous soufflait son dialecte bruyant qui, fort de sa résonance, nous rabattait les oreilles. Nous dûmes vite, à défaut de traduction, trouver une échappatoire à cette énigme en langue étrangère. De là nous prîmes refuge dans une niche que constituaient deux grands blocs de pierres, comparables à des menhirs qui se seraient rattrapés dans leur chute, formant une arche fraternelle. Mais nous ne pouvions élire domicile en ces lieux précaires, au risque de nous voir dévorer par les ours ou congelés puis dévorés. Ces alternatives peu réjouissantes à notre goût, nous miment d’accord sur l’urgente nécessité de rejoindre nos couches. Hélas, tant que la tempête persistait à nous les briser, l’issue de notre expédition se refermait à grands coups de battants, occultant ainsi les derniers rayons de soleil qui éclairaient notre route vers l’univers et après… le cosmos ! Mais qu’allions-nous faire dans cette maudite galère ? |
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